Dans un univers sportif encore largement cloisonné par le genre, le hockey sur glace en France fait exception. Vrai mixte jusqu’aux catégories jeunes, il offre une mixité vécue, pas symbolique. Mais cette émulation est avant tout portée par les clubs.
Une mixité naturelle dès les jeunes catégories
Depuis plusieurs saisons, la mixité existe au cœur du jeu dans de très nombreux clubs français. Jusqu’à la catégorie U13 — parfois U15 — filles et garçons évoluent ensemble, partagent les mêmes vestiaires, recèdent le même entraînement, et jouissent des mêmes responsabilités sur la glace. Dans certains cas, une fille peut être capitaine, ou un garçon « défenseur de soutien » pour une attaquante plus rapide. Le genre cesse d’être un critère, et devient une histoire de compétence.
Valérie, dirigeante d’un club de la zone Nord Est, résume :
« Ici, la mixité ne se discute pas, elle se vit. On a toujours eu des équipes mixtes, sans distinction. »
Une réalité trop peu mise en avant, mais efficace
Contrairement à d’autres disciplines, le hockey ne crée pas de section féminine dès le plus jeune âge. Il ne réserve pas non plus les compétitions ou les créneaux aux filles, et ne fait pas de la mixité un argument marketing : elle est vécue comme un fonctionnement normal. Cette approche discrète mais tangible construit une culture du respect mutuel, bien plus efficace qu’un coup de communication.
Des données qui parlent
Selon les données communiquées par la FFHG, la part des licenciées féminines progresse doucement depuis plusieurs saisons, bien que les femmes restent encore très largement minoritaires.
À titre de comparaison, dans d’autres sports collectifs français :
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Handball : environ 40 % de licenciées
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Basket-ball : environ 36 %
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Football : autour de 30 %
Ces écarts montrent que le hockey progresse, mais reste en retrait, notamment face aux sports où la mixité combine politique volontariste et infrastructures fortes.
La dynamique du terrain — plus forte que l’impulsion fédérale
« Nous avons des clubs où la mixité est une réalité quotidienne mais nous avons plus besoin de la fédération», reconnaît un responsable d’un grand club de l’ouest. Il cite par exemple l’absence de formation spécifique pour encadrer les jeunes filles en période de puberté…. L’énergie se trouve donc avant tout sur le terrain . « Et pourtant les championnats du monde Féminin organisés à Angers ont montré que l’engouement autour de cette discipline pouvait être très important »
Pourquoi c’est une opportunité à saisir
Le modèle mixte du hockey, s’il était promu et soutenu, pourrait devenir une vitrine exemplaire.
Quelques pistes concrètes à développer :
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Accompagnement spécifique des jeunes filles face aux mutations de l’adolescence
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Accès facilité aux postes d’encadrement, d’entraînement ou de direction
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Formation des bénévoles et éducateurs à la mixité non symbolique
En résumé
Le hockey français pratique naturellement la mixité, et pourtant, celle-ci reste trop souvent invisible. Les clubs en font un combat quotidien, là où la fédération conserve une « volonté » timide. Pour que cette dynamique se concrétise en progrès durable, il faudra conjuguer l’action des clubs et une stratégie nationale assumée. Le hockey peut ainsi se poser en sport pionnier, pas par marketing, mais par réalité.